Mardi 5 Octobre, Défilé Jean Charles de Castelbajac.




Aujourd'hui j'ai assisté à mon premier défilé, Jean Charles de Castelbajac au pavillon Alexandre III.
Pas mal pour un début.
La collection Über Tropikal Airlines, comme à son habitude est une explosion de couleurs, le tout soutenu par un set survitaminé du groupe Français "The Shoes" (à suivre de près).

Une vidéo ne va pas tarder, donnez moi quelques jours que j'en fasse le montage et le récit.

Jeudi 23 septembre, "Du métier à l'Oeuvre".



"Du métier à l'Oeuvre", est le titre de ce très beau livre sur Robert Doisneau.

Ne vous laissez pas rebuter par la couverture un peu austère de ce livre, on y découvre un Doisneau loin des clichés qui lui collent à la peau. 
Une centaine de photos accompagnées de textes passionnants d'historiens de l'art, avec comme question de fond la difficulté de concilier travail de commande et création artistique. Comment réussir a dépasser le seul savoir faire, traverser la ligne très mince qui sépare les artistes des bons professionnels mais qui reste impénétrable pour bon nombre. 

Doisneau s'est toujours considéré comme un artisan, cette humilité lui a sans doute permis de ne pas perdre le fil de ses envies et de continuer à tracer son sillon jour après jour. Son ami Blaise Cendrars, qui a réalisé les textes et la mise en page de son livre "la banlieue de Paris", parle de lui en ces termes.

"...il se présente armé d'un appareil photo est que fait-il? Il tape dans le tas. Il n'est pas artiste. Il n'a pas d'idées générales, une esthétique, une mystique. C'est un artisan de son pays."

Robert Doisneau a appris le métier dans divers studio. Il a travaillé pour Renault comme photographe industriel durant 5 ans et a même été salarié du magazine Vogue. Il réalise de nombreux sujets d'illustration dans des domaines très différents pour l'agence Rapho. Il n'en oublie ses travaux personnels, ne se rendant pas quelquefois a un rendez ou en volant un peu de temps à ses employeurs.

Le directeur de l'époque chez Rapho lui dit un jour : "Oui tu as raison, il faut faire des choses comme ça si tu en as envie, mais en ce moment il y a des fleurs au Carrousel..."

Contre toutes critiques, il construit petit à petit son oeuvre, peut être sans même le savoir. Le photographe Eugène Atget qu'il apprécie tout particulièrement, ne produisait que des "documents pour artistes". Ce qui ne se vend pas ou n'intéresse personne est le coeur de son travail, jour près jour.
Cette contradiction entre la photo de commande et la photo dite "artistique" n'en a jamais été vraiment une pour lui. Toutes les deux font partie du même chemin, les deux facettes d'une même pièce. 

Contrairement a beaucoup de photographes, Doisneau ne s'est jamais senti chasseur. Il se voit, non sans humour comme le lapin.
La photo s'impose à lui, les éléments se mettent en place naturellement dans le cadre jusqu'à atteindre leurs propres harmonies. 
Il n'est donc pas question de "savoir regarder mais de recevoir la vision qui vient, pour la restituer dans toute sa fraîcheur, car l'appareil photographique n'est jamais qu'une projection du photographe : derrière l'appareil, c'est lui qui est impressionné".

On demanda un jour à Matisse: "Quelle est la période de votre vie la plus agréable?
"La purée, celle où je ne vendais pas mes tableaux, où j'étais le seul à les aimer, sauf quelques uns mes amis, alors là j'aimais mes tableaux comme une mère aime ses enfants malheureux...et puis ils n'avaient pas d'importance, au fond, parce que c'était un jalon sur ma route et que c'était un peu comme un écrivain considère ses brouillons."
Doisneau aurait pu tenir ses propos, tant ses instantanés Parisiens ont marqué son oeuvre et façonné son image. Une fois reconnu, il faut encore se battre pour retrouver sa liberté et ne pas se répéter infiniment. Comment ne pas faire du Doisneau après "le baiser de l'hôtel de ville"?


Lundi 13 Septembre, la "BIO".

À la demande générale de nos trois fidèles lecteurs (et en particulier de "Superstar des champs"), pour la première fois sur internet en mondovision : notre Bio!

"Le travail en duo intrigue beaucoup. On nous demande souvent comment nous faisons pour travailler ensemble… alors que nous, on s’interroge: mais comment font les autres pour travailler seul ?
Nous sommes amis de longue date, anciens élèves de l’école de Gobelins et après quelques années d’assistanat nous avons décidé de travailler ensemble.
Yin et Yang, nos photos, souvent inspirées du monde du cinéma, sont à notre image : douce et élégante pour rester au plus près des sentiments, puissante et rock’n roll quand il faut prendre à contre pied les conventions. C’est dans cet esprit que nous avons saisi les regards, notre marque de fabrique, d’artistes aussi différents que Spike Lee, Cécile de France, The Kills, ou encore Benjamin Biolay pour des couvertures de magazines ou albums musicaux.


Film culte : 
Enzo : Il était une fois en Amérique.
Seb : Docteur Folamour et tous les films de Stanley Kubrick.

Pire souvenir de cinéma :
Enzo : « Old Boy ». 9 h du matin à jeun.
Seb : La scène de torture avec le marteau a eu raison de moi. Il m’a fallut 6 mois avant de connaître la fin de ce film génial."


Le portrait publié est celui de notre profil (oui celui là, à droite).

Vous pouvez retrouver la série de photos et la bio dans le numéro de septembre.


Jeudi 9 septembre, "Simon Werner a disparu".


Notre Premiere parution de la rentrée. Une série dans le bien nommé Première pour la sortie du film "Simon Werner a disparu".
Petit bonus de cette série, une photo de nous est dans le sommaire du magazine avec une bio.
Oui, je sais ça impressionne.
Mes voisins se déchaussent avant de passer mon palier, mes parents me vouvoient, et ma boulangère m'offre des croissants et me fait des clins d'oeil. Je ne dis plus merci, ni au revoir dans les cafés (en même temps à Paris, on ne voit pas trop la différence). Je garde la tête froide, en somme.

Vendredi 20 août, L'aventurier.



"Et soudain surgit face au vent
Le vrai héros de tous les temps
Bob Morane contre tout chacal
  L'aventurier contre tout guerrier"
                                 Indochine.

Notre aventurier s'appelle Nicolas Dubreuil et fréquente plutôt les étendues glacées, parle Inuit et sait faire ami-ami avec les ours polaires (enfin 9 fois sur10). Un homme passionnant, qui vous tient en haleine par ses récits rocambolesques de voyages.
Le monde magazine nous a commandé ce portait pour illustrer les nouveaux aventuriers.
La photo du tatouage est la première version que nous avons livrée. Et puis après de multiples essais de mise en page, la rédactrice nous a demandé de travailler le portait à la fourrure.
Porter cet anorak du grand Nord dans la chaleur du mois de juillet n'est pas chose aisée. Résultat des courses : apparition des premières gouttes de sueur au bout de 30 secondes, rougeur écarlate au bout de la première minute, sensation d'étouffement à la deuxième et évanouissement au bout de cinq. Autant vous dire qu'il a fallut être rapide.
Cette photo faite en toute fin séance n'avait quasiment aucune chance d'être publiée. La consigne était claire : pas de couv d'été avec des vêtements d'hiver. Pourtant, il arrive que certaines photos distillent leur charme avec le temps. Ce fut le cas pour celle-ci.

Mardi 10 août, expo Yves St Laurent.


Si pour vous Ysl est l'acronyme de la prochaine génération d'Internet haut débit, le saint Laurent un fleuve au canada, Pierre Bergé l'inventeur des lampes du même nom et que le smoking évoque pour vous un signal lumineux dans les avions pour interdire de fumer, alors cette exposition est faite pour vous (enfin presque).

Si comme moi vous pensiez qu'Yves Saint Laurent était un brin classique vous découvrirez le parcours hors du commun d'un artiste plus que celui d'un couturier, d'un homme curieux de tout, en perpétuel recherche, en quête d'absolu. Tel un peintre, seul à pouvoir incarner son style, il quittera le monde de la haute couture sans successeur.

Toute sa vie YSL a cherché à libérer la femme de ses carcans vestimentaires. Il a cherché à créer des tenues adaptées à leur corps, des vêtements élégants dans lesquels elle se sentent bien. Dans la salle qui lui est consacrée, Catherine Deneuve avoue "Dans les robes de Saint-Laurent il faudrait être toute nue ! Ce serait le seul moyen d'en appprécier autant l'envers que l'endroit. …"

Saint Laurent a ouvert aux femmes les portes de la garde robe masculine (smoking, tailleur pantalon, caban...). Cela nous semble anodin aujourd'hui mais son travail a considérablement influencé la vie des femmes des années 60-70 dépassant le simple cadre de la mode pour devenir un fait de société.
Les amoureux de la photo ne seront pas en reste, une des salles expose le portait nu de Saint Laurent par Jeanloup Sieff. C'est l'occasion de voir les autres vues de la planche contact. Cette série a fait scandale, tout comme la collection de l'été 1971 qui s'inspirait de modèles des années 40, a ravivé les mauvais souvenirs de la collaboration aux critiques.  Il est étonnant de voir un  tailleur aux motifs camouflage si longtemps avant que l'idée ne  germe chez d'autres.

Toutes les robes sont exposées sur des mannequins en plastique, pas de Claudia, Laetitia ou de Naomi pour en détourner le regard. Libéré de la beauté de la femme, le spectateur peut se concentrer sur le travail, l'œuvre en elle même et en apprécier  la portée.
Saint Laurent a toute sa vie voulu libérer la femme, il réussit grâce a cette exposition à libérer l'homme.
(pas de panique, cela  ne dure qu'une heure et dès la sortie vous pourrez à nouveau contempler les jolies parisiennes).


PS: Il reste quelques jours vous pour aller voir cette expo au petit Palais,  ce sera l'occasion de reconnaître une robe issue d'une photo très célèbre, noire dos transparent en dentelle. Il m'a fallut un peu de temps pour m'en rappeler. C'est un portait de Catherine Deneuve par David Bailey. Magnifique.

Jeudi 5 Août, War le film.



Cette nuit, j'ai pris une bonne lampée de Gibolin et j'ai mis la dernière touche à ce film.
Il traînait dans mes disques durs depuis un petit moment avec toujours cette question lancinante : Par où commencer ?
Le déclic s'est fait cette semaine en réécoutant ce morceau de Calvin Harris "I created Disco". La melodie répétitive et électrifiée sera le point de départ de ce film. J'avais en tête un montage qui jouerait sur les mouvement répétés à l'infini des défilés militaires et sur un rythme sous amphétamines.
La musique trouvée, il ne restait plus qu'à s'y mettre. Une nuit blanche, quelques cernes et beaucoup de Final cut plus tard, je donnais naissance à un petit film de 56 secondes et 800 pixels (le père se porte bien).


WAR, seance photo mode de Seb
envoyé par SebVincent. - Futurs lauréats du Sundance.